Matthieu Rosso Red Quartet
  • Date
    01/10/2012
  • Label
    Juste Une Trace
  • Artists
    Matthieu Rosso
 

 
 
 
 
 
 
 

Album disponible sur www.juste-une-trace.com et sur www.matthieurosso.com

Vous pouvez vous procurer le disque du Matthieu Rosso RED Quartet par mon intermédiaire au prix de 12 Euros (livraison comprise) en me contactant par E-Mail.

Crée en 2010, Matthieu Rosso Red Quartet regroupe quatre personnalités au parcours singulier dans le paysage du Jazz européen.

Cette musique inclassable, qui se joue des formes et les déjoue, aime à déstabiliser l’auditeur, par des effets comparables à des illusions d’optique. Dans un tour de passe-passe, les musiciens font disparaitre les structures pour mieux jouer avec elles, et nous offrent ainsi une expérience intense et unique.

Avec Azimut, l’album s’ouvre sur un duo Saxophone/Batterie, qui annonce de suite la couleur: musique tourbillonnante qui joue avec l’espace et le temps, elle projette l’auditeur dans un continuum temporel qui parait sans fin, jusqu’à ce qu’un thème, d’une lumineuse évidence mélodique, vienne rompre cette stabilité et nous amène, grâce au drumming phénoménal de Franck Vaillant, vers des dynamiques auxquelles on ne s’attendait pas.

S’ensuit Guelma, morceau faussement simpliste et double clin d’oeil en forme d’hommage à l’album « Psalm » de Paul Motian, ainsi qu’à la musique du groupe de Rock « The Cure ».

Matthieu Rosso prend ici un malin plaisir à progressivement désagréger la mélodie, jusqu’à aboutir à un sublime chaos libertaire et libératoire: un bel exemple de fusion des genres, l’énergie du rock se mêlant à la liberté du Free Jazz, et le bassiste Jean Philippe Morel qui déjà introduit une couleur électro grâce à toute une batterie d’effets, et qui annonce ainsi toute la suite du disque.

la deuxième partie de Guelma nous fait entendre la mélodie à l’identique, mais cette fois-ci, la guitare évanescente et apaisée de Matthieu se met complètement à nu, et égrène les notes telle une simple berceuse.

S’ensuit l’énergie sidérante d’induction, sur une rythmique Jungle, ou le très groovy fermis’s paradox, qui s’ouvre sur une étonnante introduction de basse électrique, où Jean-Philippe Morel crée tout un univers onirique à grand renfort d’effets et de boucles, et qui n’est pas sans évoquer le grand Jaco Pastorius.

Tout l’album est conçu pour être écouté d’une traite, tel un périple sonore en terre inconnue. deux interludes balisent notre voyage, deux réminiscences d’une même mélodie, inquiétante et mystérieuse: La ville sur la lune.

Un mot sur la guitare du leader, puisqu’il s’agit bien d’un disque de guitariste, bien que Matthieu Rosso, à aucun moment, n’ait cherché à tirer la couverture à lui: une personnalité affirmée, mais la maturité de rester en retrait quand il le faut. Matthieu Rosso, dans son approche et dans les textures qu’il crée, semble avoir assimilé toutes les influences de la guitare Jazz de ces 30 dernières années, de Bill Frisel à Marc Ducret, en passant par les héros du Jazz Rock tels que Scott Henderson ou Franck Gambale, références peut-être difficile à porter aujourd’hui mais dont il a su tirer le meilleur pour créer un style personnel que l’on ne pourrait rapprocher d’aucun autre.

Red Quartet aime les paradoxes, et n’hésite pas, après avoir joué une ballade envoûtante comme Rituel, à enchainer avec un morceau aux accents de musiques répétitives, Dédale, qui n’est pas sans évoquer Steve Reich, et les polyrythmies entres les différents instruments jouent à ici à plein. Les lignes de guitare et de saxophone se croisent et s’emmêlent, jusqu’à ce que Sylvain Cathala émerge progressivement et nous offre un saisissant solo de saxophone, accompagné comme un seul homme par la rythmique tellurique du tandem Franck Vaillant/ Jean-Philippe Morel, et suivi de près par la guitare.

On sort de cette petite heure de musique comme étourdi, incrédule, en sachant intuitivement que les écoutes répétées vont encore nous révéler de nombreuses surprises, d’autant plus que le mixage de l’ingénieur du son Philippe Teissier du Cros a poussé très loin le soucis du détail.

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Sylvain CATHALA (saxophone)

Formé au Conservatoire de Niort auprès de Robert Boillot, il se perfectionne ensuite avec Floris Nico Bunink, Benoit Delbecq et Guillaume Orti, puis en autodidacte. Il renforce sa formation lors de stages avec Steve Coleman, Dave Liebman, Steve Lacy, Sam Rivers…
Il est actif sur la scène hexagonale depuis le milieu des années 90.
Il a participé à la création en musique contemporaine de commandes d’état (1980-91 : JL Chautemps, E. Rollin, Carlosema, R. Noda ; 1998 : M. Pekar ; 2004 : F. Galiay)
Il monte son premier orchestre en 91, fonde PRINT en 1998, Sylvain Cathala Trio (ex-Rolex) en 2005 et multiplie les projets et rencontres.
Sylvain Cathala a composé pour Ping Machine, le quatuor Arcane, Willy Fonrose (court-métrage « Noire Lumière »), Alain Vankenhove et le Big Band de Bourg-La-Reine.
Il joue avec Stéphane Payen, Jozef Dumoulin, Bruno Chevillon, Alain Vankenhove, Sébastien Llado, Gilles Coronado, D’ de Kabal, Fabian Fiorini, Sarah Murcia, Christophe Lavergne, Fred Maurin, Alexandre Tomaszewski, Rafaël Koerner, Sylvain Bardiau, Pierre Durand, Thierry Mariétan, Hugues Vincent.

Jean-Philippe MOREL (basse)

Jean-Philippe Morel est plus qu’un virtuose de la contrebasse : c’est aussi un compositeur de talent et un porteur de projets captivants.
Musicien et compositeur autodidacte, il débute son apprentissage de façon empirique entre le CNCM de Nancy, les diverses formations dans lesquelles il évolue (jazz, rock, metal…) et le CNSM de Paris. Ce parcours atypique lui offre la chance de rencontrer des musiciens venant d’univers totalement différents, ce qui lui permettra de définir une identité forte.
Sideman auprès d’illustres aînés, comme Martial Solal ou Eric Watson, membre actif de projets montés par des aventuriers du jazz contemporain (Médéric Colignon, Yves Robert…). Il trace un chemin refusant avec insistance les étiquettes stylistiques. Ne jubilant jamais autant que lorsqu’il devient impossible de mettre un nom sur le contenu musical, il s’emploie avant tout à ce que le « mélange » fasse sens, et qu’il emmène l’auditeur vers des univers sonores inexplorés. Il dirige United Colors of Sodom et Dr Knock.
Il a joué avec Tom Cora, Martial Solal Newdecaband , Archie Shepp, Claudio Roditi, Claude Barthélemy, Otto von Shirach, François Jeanneau, Andy Emler, le POM, Benoit Delbecq, Michael Moore, Akosh s. unit, François Houle, Steve Arguelles, Steroid Maximus aka Jim Thirlwell, Steve Bernstein, Noel Akchoté, Eric Watson, Christof Lauer, Yves Robert, Michel Portal, Tony Malaby, Bojan Z, Elise Caron, Christophe Marguet, Malo Vallois, Avril, Spice Bones, X’Tet, Nicolas Genest, Dgiz, D’ de Kabal, Yllen 4, Daniel Erdmann, Elektro Gecko, Tempsion, Print, Mop, Kolkhöze Printanium, Call the Mexicans, 69, Phazer.

Franck VAILLANT (batterie)

Franck Pascal Yann Vaillant est né en 1972 à Paris. Il commence par triturer les matières sonores vers l’âge de 15 ans avec un vieux 4 pistes en mélangeant déjà les sons, pris sur le vif dans les rues, de sa guitare son premier instrument et de toutes sortes de bandes magnétiques. Les sculptures sonores s’empilent… et déjà le goût des ambiances improbables et singulières obnubile l’adolescent.
Le jeune Franck flashe sur la batterie en entendant le générique des rues de San Francisco et idolâtre “Animal” du Muppet Show, puis la musique que les copains écoutent, le Rock qui marque ses premières influences. Après avoir raté sa scolarité, il quitte l’école et ses parents pour jouer dans toutes sortes de groupes et se constitue ainsi un bagage de batteur-tout terrain. Plus tard c’est Daniel Humair, Bill Bruford, Tony Williams, Christophe Lavergne, Marvin Smith, Stéphane Galland, Jack Dejohnette, qui vont l’inspirer.
Franck Vaillant est un musicien créatif qui ajoute sa touche personnelle à toutes ses collaborations. Il sait utiliser les différentes «couleurs» qu’une batterie peut offrir. En plus de nous faire taper du pied en l’écoutant, il colorie la musique à la manière d’un percussionniste. Franck aime à combiner tout ce qui est “percutable”, des batteries standards aux batteries personnalisées, trafiquées, électrifiées.
Les mots, les chansons l’attirent très vite, il joue avec les Varans de Komodo, Kabal, Arthur H, Fred Poulet, Jeanne Balibar, et occasionnellement avec Alain Bashung, Katerine, Franck Monnet… Le “Jazz français” avec Yves Robert, Laurent Dehors, Vincent Courtois, Marc Ducret…
Les nombreux concerts avec Kartet, l’Orchestre de la Lune, Urban Mood, Eric Marchand, Rodolphe Burger… Le Rock world avec LO’JO, meilleur groupe live au monde (titre décerné par le quotidien anglais The Independent).
Le Free-Rock avec « 69 » et l’esprit de groupe dans le Jazz avec Print, Thôt Agrandi, Caroline, Wonder Brass Factory.
Il participe aussi à l’aventure Underground de la planète Slam en jouant dans les soirées Bouchazoreilles et en duo avec D’ de Kabal, vieux compagnon de route ainsi que le nouveau trio Harragas d’ Abd el Haq. Batteur, compositeur, arrangeur, Franck Vaillant est d’abord et avant tout, un musicien qui aime l’aventure.

Matthieu Rosso: (Guitare électrique, compositions)

Matthieu Rosso est né à Toulon en 1980.
Il débute la guitare à l’âge de 13 ans, sous l’influence des groupes de métal de l’époque, et, au lycée, intègre le groupe Delirium Tremens avec lequel il joue dans les clubs de la région Toulonnaise. Rock, Funk,Soul….
Période formatrice, mais sa découverte du Jazz au même moment le pousse dans cette nouvelle direction musicale.
S’ensuit la découverte des guitaristes de la fusion comme Allan Holdsworsth ou Frank Gambale, puis Pat Metheny, John Scofield, Marc Ducret et surtout Bill Frisell. Travailleur insatiable, il passe jusqu’à 10 heures par jour à pratiquer son instrument.
Boulimique de musique, il va progressivement assimiler des courants très variées, du Bop ou Free, en passant par la Fusion. Mais comment concilier des approches aussi différentes ?
Un concert avec le guitariste Ludovic Bruni en 1999 lui ouvre une voie possible. Elle sera déterminante pour le futur, entre tentation du mimétisme et nécessaire mise à distance.
Et une leçon capitale: faire confiance au moment présent. S’ensuivent des années d’études au conservatoire, à Aix en Provence puis à Marseille, ensuite à Paris où il obtient son diplôme d’études musicales en 2009.
Il est à l’origine de plusieurs projets en leader: South Quartet, SAS Trio. Ses années de formation seront ponctuées de nombreuses rencontres déterminantes , avec notamment Manu Codjia, Steve Coleman, Stéphane Payen, Benoît Delbecq, Jean-Paul Celea, Marc Ducret, ainsi que Sylvain Cathala et Franck Vaillant.
Il fonde avec ces derniers le groupe « Rictus » en 2010, en compagnie du bassiste Bruno Schorp, puis le groupe sera renommé « Matthieu Rosso RED Quartet », avec l’arrivée de Jean-Philippe Morel.
C’est donc avec cette nouvelle équipe soudée et partageant le même désir d’expérimentation qu’il décide en 2011 d’enregistrer son premier disque, produit par le label Juste Une Trace. Ce premier disque est le fruit de toutes ses expériences passées.
Matthieu Rosso conçoit sa musique dans un grand esprit d’indépendance: il fuit les clichés et les étiquettes, et cultive un goût prononcé pour les musiques en marge des conventions.
Au niveau musical, c’est sous l’influence de musiciens ou groupes comme Steve Coleman, Aka Moon, Print ou Thot que sa musique prend un tournant plus conceptuel et rythmique, sans être dogmatique pour autant.
Il a joué avec Alexandra Grimal, Philippe Renault, Jérôme Rateau, Sylvain Romano, Mathias Alamane, Gautier Garrigue, Laurent Mignard, Anne Pacéo, David Prez, Simon Tailleu, Rafael Koerner, Raphaël Imbert, Sylvain Clavier, Xavier Bornens, Denis Guivarc’h, Sylvain Cathala, Franck Vaillant, Fred Galiay, Soo-Bin-Park….
En marge du jazz, il a aussi participé à un projet de danse contemporaine avec le chorégraphe Emilio Calcagno au sein de la compagnie du ballet Preljocaj.
Il a composé plusieurs musiques pour le théâtre, et a co-dirigé un projet de poésie sonore avec le poète Stéphane Korvin. Parallèlement à son activité de musicien et de compositeur, Matthieu enseigne la guitare et l’improvisation depuis 2001, au CFPM notamment.