Jazzitude – Radio G

« Ne fais pas du rock qui veut. Il ne suffit pas de jouer des  riffs sur des rythmiques binaires. Non, le rock n’est pas une rhétorique. Si sa grammaire est simple, c’est surtout l’état d’esprit qui compte. Aussi même si des ingrédients comme la sueur, l’énergie, l’overdose phonique, le débordement sont difficilement définissables, ils permettent d’obtenir de bons résultats. Matthieu Rosso et son Red Quartet, trois ans après leur précédent album reviennent avec cette même formule qui mêle rock et jazz,  complexité et énergie, immédiateté et sinuosité mais – c’est un point de vue – aujourd’hui avec plus de maturité dans l’excès. Son disque No Monster, au line up modifié (après Sylvain Cathala voici le protéiforme Denis Guivarc’h au saxophone tandis que la frappe lourde de sens de Rafaël Koerner remplace celles du batteur Franck Vaillant) est un petit plaisir de musique progressive. Un assemblage réussi qui pioche dans le meilleurs des univers de la pop, des musiques électroniques, de l’électricité tendue et autres musiques parallèles. Un extrait dans l’immédiat Death By Tounga, qui porte bien son nom si j’en saisis le clin d’oeil (je vous laisse vous renseigner de votre côté). Mention spéciale sur ce titre et les autres d’ailleurs à la basse de Jean-Philippe Morel aussi frénétique que stimulante. »

Nicolas Dourlhès-

Bee Jazzy

Bee Jazzy ( Radio) :
C’est un Ovni sonore que Matthieu Rosso a sorti le 26 janvier 2015 sur le label Juste-Une-Trace avec son quartet, Matthieu Rosso Red Quartet.

Un Album intitulé  » No Monster » qui permet à Matthieu Rosso, guitariste, ses musiciens le batteur Rafaël Koerner, le saxophoniste Denis Guivarc’h ainsi que le bassiste Jean-Philippe Morel, de montrer toute leur maîtrise du jeux jazz et Nu-Jazz.

On peut y voir des inspirations du Free Jazz se rapprochant des sections artistiques et rythmiques de Steve Coleman, mais aussi de John Mac Laughlin à sa meilleur heure avec » Mahavishnu Orchestra », ainsi que le laboratoire de la scène française free-expérience-électro-jazz comme NHX ou Julien Lourau.

Mélangeant des styles différents et peu vus dans le jazz moderne Européen de ce début d’année, se partageant en Free , Métal, Pop et bien sûr Nu-Jazz, Matthieu Rosso chef de fil du « Red Quartet » depuis deux albums, nous fait voyager dans l’interprétation superbe de sa machine infernale à sons.

D’une virtuosité , d’une densité sonore rare, le quartet arrive à nous faire oublier qu’ils ne sont que quatre pour faire autant de résonances sonores. Matthieu Rosso née en 1980, a commencé son parcours à la guitare sur la scène Toulonaise du Métal, rock , punk quand il était adolescent et cela s’entend.

Puis il a fait le conservatoire catégorie étude Musical à Aix En Provence et Paris. Passionné par son instrument, il joue insatiablement dix heures par jour.

Il est très influencé par les nombreuses rencontres déterminantes qu’il a pu faire , comme Manu Codjia, Steve Coleman, Stéphane Payen, Benoît Delbecq, Jean-Paul Celea, Marc Ducret, ainsi que Sylvain Cathala et Franck Vaillant.

En 2010, il monte sa formation actuelle, le Matthieu Rosso Red Quartet, bien qu’avec des musiciens parfois différents, sur la même ligne que maintenant le Jazz contemporain. Bref, déjà un beau parcours , deux albums de jazz dans tout ce que « jazz  » veut dire comme expériences sonores et techniques.

Sur cet album certains morceaux nous ont particulièrement plu, comme le morceau qui ouvre l’album »Faz », techniquement et rythmiquement entraînant, « Pandora’s Box » à la fois sombre et lumineux, »No Monster » pour une expérience contemporaine musicale, « Insane Incorporated » pour sa sonorité d’intro très ECM et la musique électronique jazz du nord Europe comme Nil Peter Moelvar ou l’album « Electronique Noire » et son envolée au saxophone.

Beaucoup de morceaux sont qualitativement intéressant. Un album complexe , maîtrisé , technique qui plaira au plus grand nombre, bien que son approche soit un peu rapide et free.

A écouter de toute urgence .

« No Monster » Elu Citizen Jazz- Juin 2015

Deux ans après le premier disque de son Red Quartet, Matthieu Rosso a tout changé autour de lui.
Pour No Monster, son second album, Il a néanmoins conservé intacte la volonté de mélanger les rythmiques impaires et la puissance d’une musique qui se pique de métal. A ses côtés, le saxophoniste Denis Guivarc’h remplace Sylvain Cathala ; mais il ne s’agit pas d’une rupture, puisque les musiciens restent dans une esthétique assez voisine.
Le guitariste quant à lui, ne renie toujours pas l’influence de Codjia et surtout de Frisell. Grâce à cette nouvelle équipe, il s’agit davantage de rechercher un ton plus percutant et instinctif. Plus rock, précisément ; on pourrait même dire que le paradigme jazz-rock est ici désormais pleinement assumé, sans postures abstraites aux rythmiques instables ni nostalgies de guitaristes permanentés.
Sur No Monster, sorti également sur le label Juste Une Trace, ne reste que Jean-Philippe Morel et ses basses dures et rocailleuses. L’importance de ce fidèle est croissante, et son art de passer les morceaux à la moulinette de ses effets tonitruants en fait un véritable co-leader.
Sur un morceau comme « Pandora’s Box », où Rosso est percuté par l’effet de fuzz volubile et grasseyant de Morel, la relation entre bassiste et guitariste peut sembler orageuse, mais il ne faut pas s’y tromper : elle est absolument fusionnelle. Rosso le sait, c’est de la friction que naît le mouvement. Les titres qu’il signe pour No Monster servent ce constat, et sont proches de l’agitation perpétuelle. Le mérite en revient notamment à Rafaël Koerner, nouveau venu lui aussi. Son jeu direct, qui trouve en Morel un remarquable allié, est le garant de la grande efficacité de Red. Le batteur de Ping Machine est également membre du Kami Quintet et de Cartel Carnage, deux formations dont la proximité avec celle-ci est évidente.

Sur « Flexible », indubitablement le sommet de l’album, Guivarc’h et Rosso devisent avec une sérénité vite mise à mal par la puissance d’une base rythmique insatiable. La sécheresse de Morel s’agglomère à une frappe lourde pour pousser le leader dans ses retranchements. Son solo hendrixien qui s’élance sur une basse mutante est la plus franche des réponses.

On découvre sur ce second disque l’urgence qui manquait à Red Quartet. Elle se manifeste notamment sur l’excellent « Insane Incorporated », où les cordes se heurtent à pleine vitesse. Lorsque le saxophone vient se mêler à l’algarade, ce n’est pas pour prendre parti, mais pour ajouter sa voix, proche du cri, à une tension au paroxysme. Puis ce dispositif s’apaise et on découvre que Morel et Rosso se confondent presque dans la raucité de leurs cordes, comme pour mieux incarner l’unité de l’orchestre.

Nous écrivions à propos du précédent album que la musique de Matthieu Rosso ne demandait qu’à tracer sa voie et adopter son rythme de croisière. Il est agréable de constater que No Monster est l’œuvre d’un quartet soudé et efficace qui a trouvé son équilibre. Voici un disque très abouti.
Franpi Barriaux

Jazz magazine mars 2015 – 4 étoiles –

Mathieu Rosso Red Quartet Jazz Mag mars 20150014 étoiles jazz mgazine-jazzman N
Deuxième album d’un Red Quartet transformé avec l’arrivée de Denis Guivarc’h au sax et Rafael Koerner (ping machine) à la batterie pour une musique sans concession, brutale et dynamique, proche du progressive rock de King Crimson, mais avec des rythmiques complexes à la Steve Coleman.

Animé par le guitariste Matthieu Rosso, elle est touffue, dense et en tension permanente, sans silence, ni lenteur, mais d’une énergie communicative.

Lionel Eskenazi

Music in Belgium- No Monster-Février 2015

(…) Le nouvel album de Matthieu Rosso et de son équipe, « No monster », va incontestablement plaire aux amateurs de jazz fusion, tant par son classicisme que par ses performances techniques. Le combo livre neuf morceaux instrumentaux laissant libre cours à l’imagination musicale de ses membres. Le saxophone est particulièrement volubile dans cet ensemble et la guitare fait aussi de belles incursions. Parmi les titres remarquables, citons le long et échevelé « Pandora’s box », le complexe et puissant « Flexible » ou l’athlétique « Mass euphoria ». On retrouve ici des influences héritées de Pat Metheny, Mahavishnu Orchestra, Billy Cobham ou Joe Zawinul. Autrement dit, du solide.


Culture Jazz- 2ème album- No Monster-Février 2015

Pour son second album avec le Red Quartet, le guitariste Matthieu Rosso semble s’engager résolument dans une esthétique plus proche du rock dit « progressif » que du jazz stricto sensu. Pourtant, le saxophone alto de Denis Guivarc’h ne renie pas son attachement à l’école MBase de Steve Coleman et l’énergie « électrique » qui porte cette musique n’efface jamais l’importance de l’improvisation. « No Monster » : rien de monstrueux dans cette musique mais une grande envie de jouer et de partager selon des codes en équilibre entre les genres pour mieux les abolir (les genres !). La rythmique Rafael Koerner / Jean-Philippe Morel est plus que robuste ! Un disque très riche et dense, assez enflammé, à découvrir sans crainte car il est réussi.

La république du jazz

Le « red quartet » de Matthieu Rosso, éclectique et électrique !

 

Le disque du nouveau projet de Matthieu Rosso est sorti en octobre dernier .

Guitariste très électrique, né à Toulon, Matthieu Rosso est très jeune membre de groupes de Rock ce qui lui donne le goût aigu de la scène « live ».

A 17 ans il rencontre le Jazz en croisant et échangeant avec des musiciens tels que Marc Ducret, Manu Codjia, Jean-Paul Celea, Dave Liebmann et quelques autres, de bonnes fées se sont donc penchées sur son berceau « Jazz » .

Pour le projet « Red Quartet » Matthieu s’est entouré de vieilles connaissances à lui : Sylvain Cathala, connu aussi dans le milieu de la Musique contemporaine, au saxophone, Jean-Philippe Morel à la basse et Franck Vaillant à la batterie, il y a pire comme orchestre !

Toutes les compositions sont de Matthieu Rosso, sauf une arrangée par Jean-Tristan Allegre .

Le disque part très fort sur une ambiance électrique, un travail sur les saturations, très à la mode aujourd’hui chez les compositeurs contemporains, et habituelles depuis longtemps chez les musiciens de Rock et de Jazz … La musique contemporaine est parfois, voire souvent, très en retard sur son temps, paradoxe des étiquettes, et des vaines chapelles .

Matthieu Rosso et son team, d’entrée, se moquent de ces étiquettes et nous offrent une Musique qui a bien digéré genres et courants .

Vigoureux, enlevé, créatif, ce projet nous offre même deux mini-suites en deux parties, et tout un jeu sur les timbres, rythmes et styles .

Nous avons affaire à un véritable carré d’as de musiciens accomplis .

Disque à écouter et quartet à suivre attentivement !

 

http://larepubliquedujazz.com/le-red-quartet-de-mathieu-rosso-eclectique-et-electrique/

no music magazine

MATTHIEU ROSSO : LA VIRTUOSITE INVENTIVE

 

Matthieu Rosso RED Quartet 

C’est après diverses contributions à des formations de Rock de funk ou de soul dans ses jeunes années Toulonnaises suivies d’années d’études aux conservatoires d’Aix en Provence puis Marseille et enfin Paris que le jeune Matthieu (né à Toulon en 1980) se tourne résolument vers le Jazz Fusion sur les traces de Pat Metheny, John Scofield, Marc Ducret et surtout Bill Frisell. Aujourd’hui, avec ses potes Sylvain Cathala, Franck Vaillant et Jean-Philippe Morel, il lance le projet Matthieu Rosso RED Quartet. Ils sortent un premier album en 2012 sur le label « juste une trace » ce qui leur vaut une certaine reconnaissance dans le milieu du Jazz.

Ils préparent activement la rentrée prochaine avec une série de concerts avec toutefois Denis Guivarc’h qui vient remplacer Sylvain Cathala :

– Le 29 Septembre – 18H – Matthieu Rosso Red Quartet -Péniche le Marcounet. Quai de l’hotel de ville, Paris/ métro pont Marie

-Le 30 Novembre – Le TNT à Nantes -Matthieu Rosso Red Quartet. 11, Allée de la maison rouge, 44000 Nantes  

-(Sous réserve): Le 4 Décembre au Melocotton -Matthieu Rosso Red Quartet. 9, Rue de l’Héronnière, 44000 Nantes

Etant issus de la scène rock, ils ont le sens du spectacle, ce qui devrait nous valoir de belles soirées.

 

http://nomusic-magazine.com/2013/07/04/matthieu-rosso-la-virtuosite-inventive/

Chronique citizen jazz

Du Métal à The Cure en passant par le jazz-rock le plus électrique, l’univers assez balisé du guitariste Matthieu Rosso agrémente un jazz très contemporain. Outre Manu Codjia, avec qui il forme par ailleurs un duo, on trouve chez ce Toulonnais des influences disparates, de Frank Gambale à Bill Frisell. Pour son premier album avec le Red Quartet, il expose un goût affirmé pour une musique en mouvement dans des morceaux ramassés, au format pop, qui tanguent entre polyrythmies martelées et éclats électriques mais ne laisse pas le chaos s’installer dans la durée.

Cette formation où l’on retrouve le batteur Franck Vaillant et le saxophoniste Sylvain Cathala s’appelait Rictus jusqu’à ce que le bassiste Jean-Philippe Morel, notamment connu pour son United Colors of Sodom, ne remplace Bruno Schorp. L’électricité contondante de Morel se place au centre de Red Quartet et apporte une teinte urbaine, qui trouve avec Vaillant un compagnon de jeu idéal. Dans un morceau comme « Induction », sa basse augmentée d’effets souligne les phrases à l’unisson du guitariste et du saxophoniste, tout comme l’agilité rythmique de Vaillant, impressionnant de bout en bout.

Avec « Azimut » qui ouvre l’album dans une discussion d’équilibriste entre l’inventif batteur et le son toujours très plein de Cathala, on comprend qu’il est principalement question d’équilibre des pôles. Ce frottement perpétuel sans réel antagonisme des lignes rythmiques et mélodiques galvanisent l’unité du quartet (« Axiome »), peut-être au détriment de l’énergie. L’album, conçu pour évoluer au cœur de ces entrelacs, souligne surtout l’écriture claire et très précise de Matthieu Rosso. C’est le cas du faussement nonchalant « Ubik », où l’unité inviolable entre guitare et saxophone polit le propos plus qu’il ne le radicalise.

Ce n’est que lorsque la base rythmique se fait plus vindicative, sur le remarquable « V », que Rosso, à mesure que le saxophone de Cathala s’empourpre, durcit ses interventions. Elles restent cependant dans un cadre très collectif, véritable architecture de Red Quartet dont le guitariste ne s’échappe qu’à de trop rares exceptions (« My Own Reality »). À la couleur rouge, Rosso a indéniablement emprunté la chaleur et la vigueur ; moins, malheureusement ses reflets révolutionnaires. Mais cette musique, comme le vin de garde, ne demande qu’à rabonnir.

 

Franpi Barriaux

« Matthieu Rosso Red Quartet » élu « Révélation! » dans Jazz mag/ Jazzman – Nov 2012

Révélation! Jazz magazine / Jazzman – Novembre 2012

Dans le prolongement de son quartet Rictus, Matthieu Rosso propose un premier album sous son nom, associé au tout neuf Red Quartet cette fois-ci.
Sylvain Cathala et Franck Vaillant sont resté à leur poste, tandis que Jean-Philippe Morel remplace Bruno Schorp à la basse électrique.
Un bien contre… un bien ! Rictus avait attiré l’attention des amateurs de Kartet, Aka moon, Print et autre Thot, Red Quartet pourra la retenir un bon moment semble-t-il.
Le ton d’ensemble demeure : fructueuse instabilité rythmique, savantes métriques, mélodies angulaires et d’humeur inopinées, énergie rock tendance progressif, précision du geste, écriture ciselée, esprit définitivement collectif. Le partage des tâches est particulièrement efficace et chacun des musiciens semblent effectivement apte à jouer la partie de l’autre, comme l’explique Rosso dans le clip de lancement du Red Quartet. Le potentiel imaginaire des quatre parait décuplé par cette connivence exemplaire, qui leur procure un sentiment de liberté amplement exploité. Les textures sonores sont riches, non seulement à l’échelle de chaque instrument, mais surtout dans leur combinaisons électro-acoustiques. Difficile de s’arréter sur un morceaux en particulier, l’album forme un tout cohérent à écouter d’une traite. On conseillera toutefois de bien choisir son heure pour l’écoute de ce disque aux accents entêtants.
Lorraine Soliman

Franck Bergerot, Blog Jazz magazine, Avril 2011

Soir de bouclage: Big Four, Rictus, sujets divers…
Posté par Franck Bergerot – 17-04-2011 à 00:16
_____________________________________

La Centrale, Paris (75), le 16 avril 2011.

Big Four : Julien Soro (sax alto), Stephan Caracci (vibraphone), Fabien Debellefontaine (sousaphone), Rafaël Kœrner (batterie).

Rictus : Sylvain Cathala (sax ténor), Matthieu Rosso (guitare électrique), Burno Schorp (guitare basse électrique),
Franck Vaillant (batterie).

Je retrouve les musiciens de Big Four sur le trottoir. Ils sont là pour la première fois, invité à partager la soirée par le groupe Rictus du guitariste Matthieu Rosso (au fait, un ou deux “t” ? Je vous laisse vérifier sur son myspace) qui en est à ses premières sorties. (…)

Seconde partie: Rictus, un groupe, à découvrir autour de la guitare de Matthieu Rosso . C’est plus rock, plus puissant, plus tendu, plus sombre. Tout semble articulé autour des appuis instables des lignes de basse électrique très souples de Bruno Schorp auxquelles viennent se joindre momentanément ou le temps d’une apparence de thème l’un ou l’autre instrument mélodique, voire la batterie postpunk-postcolemanienne de Franck Vaillant qui passe de martèlements d’une brutalité minimaliste à une polyrythmie sauvage. La guitare procède par petites touches, fragments d’arpèges ou de lignes nerveuses, haletantes, dont certaines crispations pourraient laisser imaginer un défaut de virtuosité… mais alors une gestion de l’économie de moyens d’une remarquable musicalité, la virtuosité de Matthieu Rosso résidant donc dans cette gestion particulière. Sylvain Cathala se montre également économe, dans la rétention de toute irruption d’énergie inutile, de toute dispersion rythmique, concentrant dans un certain type de débit sa science de l’angularité mélodique et rythmique. Lui non plus n’est pas sonorisé aux côtés de ces deux instruments amplifiés, surgissant dans les fortissimos comme d’un halo sonore où il se fait pourtant dix fois plus présent que dans ces autres halos que génèrent 8 sonorisation sur 10 privilégiant le décibel à la clarté. On devrait décréter un moratoire sur les sonos et les concerts en grandes salles, pour se faire des oreilles neuves et repartir du bon pied, de la vérité du son direct qu’ont oublié les amateurs de grands concerts.

Pour finir le set, Rictus invite les musiciens de Big Four à les rejoindre pour un bœuf. On n’y croit guère, on hésite à partir, mais dès les premiers sons venus du côté des percussions, vibraphone compris, la mayonnaise prend jusqu’à l’aboutissement d’un riff final puissant qui se termine comme s’il avait été répété. Témoignage de ce que ces musiques n’existent que par la capacité d’écoute et de réaction de leurs interprètes.

Franck Bergerot

============================================================================
Forum – Jazz Magazine