Révélation! Jazz magazine / Jazzman – Novembre 2012

Dans le prolongement de son quartet Rictus, Matthieu Rosso propose un premier album sous son nom, associé au tout neuf Red Quartet cette fois-ci.
Sylvain Cathala et Franck Vaillant sont resté à leur poste, tandis que Jean-Philippe Morel remplace Bruno Schorp à la basse électrique.
Un bien contre… un bien ! Rictus avait attiré l’attention des amateurs de Kartet, Aka moon, Print et autre Thot, Red Quartet pourra la retenir un bon moment semble-t-il.
Le ton d’ensemble demeure : fructueuse instabilité rythmique, savantes métriques, mélodies angulaires et d’humeur inopinées, énergie rock tendance progressif, précision du geste, écriture ciselée, esprit définitivement collectif. Le partage des tâches est particulièrement efficace et chacun des musiciens semblent effectivement apte à jouer la partie de l’autre, comme l’explique Rosso dans le clip de lancement du Red Quartet. Le potentiel imaginaire des quatre parait décuplé par cette connivence exemplaire, qui leur procure un sentiment de liberté amplement exploité. Les textures sonores sont riches, non seulement à l’échelle de chaque instrument, mais surtout dans leur combinaisons électro-acoustiques. Difficile de s’arréter sur un morceaux en particulier, l’album forme un tout cohérent à écouter d’une traite. On conseillera toutefois de bien choisir son heure pour l’écoute de ce disque aux accents entêtants.
Lorraine Soliman