Soir de bouclage: Big Four, Rictus, sujets divers…
Posté par Franck Bergerot – 17-04-2011 à 00:16
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La Centrale, Paris (75), le 16 avril 2011.

Big Four : Julien Soro (sax alto), Stephan Caracci (vibraphone), Fabien Debellefontaine (sousaphone), Rafaël Kœrner (batterie).

Rictus : Sylvain Cathala (sax ténor), Matthieu Rosso (guitare électrique), Burno Schorp (guitare basse électrique),
Franck Vaillant (batterie).

Je retrouve les musiciens de Big Four sur le trottoir. Ils sont là pour la première fois, invité à partager la soirée par le groupe Rictus du guitariste Matthieu Rosso (au fait, un ou deux “t” ? Je vous laisse vérifier sur son myspace) qui en est à ses premières sorties. (…)

Seconde partie: Rictus, un groupe, à découvrir autour de la guitare de Matthieu Rosso . C’est plus rock, plus puissant, plus tendu, plus sombre. Tout semble articulé autour des appuis instables des lignes de basse électrique très souples de Bruno Schorp auxquelles viennent se joindre momentanément ou le temps d’une apparence de thème l’un ou l’autre instrument mélodique, voire la batterie postpunk-postcolemanienne de Franck Vaillant qui passe de martèlements d’une brutalité minimaliste à une polyrythmie sauvage. La guitare procède par petites touches, fragments d’arpèges ou de lignes nerveuses, haletantes, dont certaines crispations pourraient laisser imaginer un défaut de virtuosité… mais alors une gestion de l’économie de moyens d’une remarquable musicalité, la virtuosité de Matthieu Rosso résidant donc dans cette gestion particulière. Sylvain Cathala se montre également économe, dans la rétention de toute irruption d’énergie inutile, de toute dispersion rythmique, concentrant dans un certain type de débit sa science de l’angularité mélodique et rythmique. Lui non plus n’est pas sonorisé aux côtés de ces deux instruments amplifiés, surgissant dans les fortissimos comme d’un halo sonore où il se fait pourtant dix fois plus présent que dans ces autres halos que génèrent 8 sonorisation sur 10 privilégiant le décibel à la clarté. On devrait décréter un moratoire sur les sonos et les concerts en grandes salles, pour se faire des oreilles neuves et repartir du bon pied, de la vérité du son direct qu’ont oublié les amateurs de grands concerts.

Pour finir le set, Rictus invite les musiciens de Big Four à les rejoindre pour un bœuf. On n’y croit guère, on hésite à partir, mais dès les premiers sons venus du côté des percussions, vibraphone compris, la mayonnaise prend jusqu’à l’aboutissement d’un riff final puissant qui se termine comme s’il avait été répété. Témoignage de ce que ces musiques n’existent que par la capacité d’écoute et de réaction de leurs interprètes.

Franck Bergerot

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